Méthode développée par le BRGM

A partir des données de base collectées (MNT, pente des versants, exposition des versants, direction de la ligne de plus grande pente, zones potentielles de départ des phénomènes de mouvements de terrain), l’évaluation de l’aléa éboulements rocheux est réalisée en deux phases successives : une première approche numérique, une finalisation par analyse qualitative.

L’approche numérique permet une première évaluation de l’aléa induit par la propagation des blocs à partir du logiciel BORA. Il s’agit d’un logiciel développé par le BRGM (Sedan et al. 2006). Utilitaire d’aide à la cartographie des aléas mouvements de terrain, il permet de représenter, en aval des zones de départ, les zones de propagation et d’arrivée les plus probables des masses instables. BORA s’appuie sur quelques règles simples :

  1. Une masse quelconque se déplace a priori sur la ligne de plus forte pente ;
  2. Le gain ou la perte d’énergie de la masse en mouvement est principalement fonction de la valeur de la pente ;
  3. L’énergie de la masse est plafonnée ;
  4. Il peut exister une certaine probabilité que la masse s’écarte de la ligne de plus grande pente ;
  5. Cet écart peut, éventuellement, consommer de l’énergie.

 

Les paramètres de calcul de l’aléa :

  1. La propagation d’un phénomène est déterminée par le calcul d’une « pseudo-énergie », notée E. Par simplification, on considère que E représente « l’intensité » d’un phénomène ;
  2. La variation de E dépend : de la valeur de la pente et des valeurs de six paramètres P1, P2, E1, E2, E3 et Edisp ;
  3. Les paramètres P1 et P2 sont des seuils de pente (en degré) auxquels correspond un gain ou une perte en « pseudo-énergie » fixés par les valeurs de E1, E2 et E3 ;
  4. Edisp est une probabilité de dispersion latérale de l’énergie ;
  5. Tant que la valeur de E est positive, le phénomène continue à se propager. Néanmoins, la pseudo-énergie E est bornée par une valeur Emax pour éviter que le phénomène possède une trop grande énergie et que la distance de propagation soit de ce fait trop longue.

A partir des observations faites sur le terrain, de l’analyse des photographies aériennes, des informations collectées dans les études précédentes et en tenant compte des résultats de l’aléa calculé numériquement, une synthèse cartographique de l’aléa est réalisée. Celle-ci est ensuite finalisée par une nouvelle visite sur le terrain. Sur le territoire français, cette méthode a été mise en œuvre lors de l’étude « Cartographie de l’aléa mouvements de terrain, échelle 1/25 000. Secteurs de Breil-sur-Roya (Alpes Maritimes), la Brigue, Fontan, Saorge, Tende » (Terrier et Furic , 2003), réalisée dans le cadre du IVème Contrat de Plan Etat Région "Risques naturels et nuisances"  ainsi que lors de différentes études de cartographie de l’aléa « chutes de blocs » et de définition des parades le long de routes départementales des Pyrénées Orientales et de l’Hérault pour les services « infrastructures » des Conseils Généraux concernés.